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Des escargots nous renseignent sur le climat préhistorique

Par Ahmosis :: 01/11/2006 à 0:15 :: Prehistoire

Les scientifiques trouvent la preuve fossilisée de l’ancien climat de l'Egypte
par Tony Fitzpatrick pour Université de Washington St Louis

Traduit par Ahmosis


 À l'allure d'un escargot


2 février 2005 – Des scientifiques à Université de Washington à Saint Louis étudient des fossiles d'escargot afin de comprendre le climat de l'Afrique du nord il y a 130.000 ans.

Tandis que cela pourrait résonner un peu comme l’annonce d’une théorie nébuleuse prédisant la sévérité des hivers, les escargots révèlent en réalité des indices du climat et l'environnement de l'Egypte occidentale, depuis plusieurs années. Ils pourraient aussi mettre en lumière le rôle possible que le temps et le climat ont joué dans la dispersion des peuples "hors de l'Afrique" et en Europe et Asie. On sait que des périodes de précipitations considérablement importantes, comparées aux temps présents, ont eu lieu au Sahara, pendant le dernier million d'années, mais leur durée, leur intensité et leur fréquence restent quelque peu mal cernées.

 

L'étudiante de troisième cycle des Sciences de la Terre, Johanna Kieniewicz (à gauche), tient des fossiles d'escargot de 130.000 ans, provenant d'un lac égyptien tandis que Jennifer R. Le Smith, docteur et professeur adjoint des sciences de la Terre, examine l’empreinte d’une feuille dans le tuf calcaire, une roche de carbonate trouvée sur le même site. Les chercheurs essayent de déduire le climat égyptien d’après les preuves fossilisées.

David Kilper / WUSTL Photo

 

Jennifer R. Smith, docteur et professeur adjoint d'Université de Washington de sciences de la Terre et son étudiante doctorante Johanna M. Kieniewicz, emploie l'isotope stable et les analyses d'élément mineures de gastéropodes d'eau douce Melanoides tuberculata et des vases de carbonate d'un petit lac (maintenant à sec) dans l'Oasis de Kharga, en Egypte occidentale, afin de reconstituer les conditions climatiques pendant la durée de présence du lac. Leurs analyses soutiennent une image surprenante de l'Egypte aride : il y a 130.000 ans, ce que chacun considère un désert éternel était en réalité une savane prospére, où vivaient des humains, des rhinocéros, des girafes et d'autres formes de vie sauvage.

Les preuves de la présence d’hominidés abondent près du lac, sous la forme d’objets du milieu de d'Âge de la pierre, tels que des grattoirs en pierre et des lames.

"Les artefacts fournissent un témoignage que les gens venaient au lac," a dit Smith. "La preuve génétique suggère que de 100.000 à 400.000 ans fût une période critique dans l'évolution et la dispersion d'hominidés africains. Nos données climatiques sur cette période humide vieille de 130.000 ans suggèrent que cela ait été un moment particulièrement bon pour une migration vers le nord à travers l'Afrique, avec des ressources abondantes d'eau, puisque cela semble être la plus forte phase humide dans cette région au cours des 400.000 ans passés. Nous évaluons aussi l'hypothèse que les périodes humides étaient plus fréquentes qu’on ne le pensait précédemment, qui aurait permis une plus grande mobilité partout dans la région."

Les chercheurs ont noté que l'épaisseur de la vase du lac excède 4,6 mètres, indiquant que la phase humide a duré au moins plusieurs milliers d’années. Les précipitations normales dans le secteur étudié sont un minuscule 0,7 millimètre par an, mais il y a la preuve que les précipitations dans la région atteignaient jusqu'à 600 millimètres par an, "pas assez pour en faire un paradis," a dit Smith, "mais assez pour transformer un environnement stérile en une savane classique."

Kieniewicz a exécuté les analyses isotopiques d'environ 20 escargots, tous datant de la phase humide, qui s’est produite approximativement il y a 130.000 ans. Ces escargots particuliers ont une durée de vie entre un et deux ans et construisent leurs coquilles dans une spirale classique avec n'importe quelle eau. Les escargots ont été préservés dans des dépôts de carbonate de calcium partout dans le lac.

"Nous employons la chimie de l'eau pour la durée d'une année ou deux, comme révélé par des analyses isotopiques et les analyses d'élément secondaires des coquilles d’escargot pour déterminer les informations sur le climatd’alors," a dit Kieniewicz. "La coquille est une archives de la vie de l'escargot. Les analyses nous donnent les instantanés de ce qu’étaient les conditions dans ce bassin du lac."

Les analyses géochimiques ont confirmé que l'eau fut un corps stable permanent pendant plusieurs d'années. "L'évaporation forte du lac, suffisante pour le faire rétrécir considérablement en volume et le fait qu’on se serait attendu à ce que plus de salin ait abouti à de grandes excursions dans δ18O et des concentrations d'élément secondaires," a dit Kieniewicz. "Cependant, partout dans la stratigraphie, les valeurs δ18O des vases restent isotopiquement faibles et les éléments secondaires ne montrent pas de tendances d’intenses évaporation, ce qui suggère que le lac serait resté stable et frais."

Smith et Kieniewicz ont suivi la 116ème réunion annuelle de la Société Géologique d'Amérique, tenue le 7-10 novembre 2004 à Denver. Kieniewicz y a présenté un article sur leurs découvertes. La spécialité de Smith est la géoarchéologie, qui emploie les méthodes et concepts classiques des sciences de la Terre pour poser les questions d'intérêt archéologique.

"Dans cette étude particulière, nous sommes intéressés par la construction d'une histoire du changement climatique à travers le temps, afin de comprendre comment les peuples auraient répondu aux modifications spectaculaires dans ce climat," a dit Smith. "C'est un thème principal de notre travail et nous espérons que certaines de nos découvertes peuvent nous donner la perspective sur ce que nous aurons à affronter dans les siècles à venir."

 

 

 

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